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Frôler la catastrophe

Lundi matin dernier, bien avant l'aube, boulot oblige, je me suis levé tranquillement, prêt à commencer la journée et la semaine. Plutôt que de me diriger immédiatement vers la douche comme j'ai l'habitude de le faire, je suis allé vérifier mes courriels, impatient de voir si ne m'attendait pas un message de Sabrina. J'ignorais à ce moment que ce minuscule accroc à ma routine allait m'épargner une effroyable catastrophe.

Tandis que mes yeux encore emplis de sommeil scrutent ma boîte aux lettres virtuelle, mon odorat m'avise qu'il y a une bien curieuse odeur de fumée dans l'air. Je détourne la tête et, vision d'horreur, je vois le coin supérieur de ma porte de chambre en train de flamber. Je me précipite à toute vitesse, mon cerveau parvenant à peine à assimiler toute l'information: la porte est en feu. C'est impossible, c'est impossible, me dis-je, mais mes sens me prouvent le contraire. La fumée s'accroît, je vois que les flammes ont pris naissance dans une lampe sur pied que j'avais malencontreusement placée beaucoup trop près de la porte. Trop pressé la veille, j'avais négligemment accroché ma robe de chambre sur le haut de la porte, et celle-ci touchait la lampe trop chaude. Pouf, une flamme était née et maintenant la baraque risquait d'y passer...

Mon premier réflexe a été de prendre la lampe et de la lancer à l'extérieur. Heureusement, ma chambre donne sur la cour. La neige a un effet instantané sur la lampe enflammée. Mon deuxième réflexe fut d'empoigner une paire de jeans et de frapper la porte et la robe de chambre pour étouffer l'incendie qui menaçe maintenant de prendre au plafond. Je me souviens très précisément au milieu de la terreur extrême qui m'assaillait m'être dit que je pouvais maîtriser le feu, à la condition que les flammes ne se répandent pas au plafond... Déjà la fumée s'épaissit à une vitesse folle. Mes coups de jeans sur le haut de la porte et le vêtement viennent cependant à bout de l'intensité du feu mais me créent un autre problème. Les morceaux de tissus brûlés virevoltent autour de moi et soudainement, le plancher et le lit deviennent de nouveaux foyers d'incendie. Pied nu, je me mets à marteler les flammes naissantes en regardant éberlué mes draps qui crépitent... Alors je cours ramasser ma poubelle dans la cuisine, fait un arrêt à la salle de bain pour la remplir d'eau puis j'asperge tout: le lit, la porte, le plancher, le plafond... Tout semble maintenant sous contrôle: j'appelle le 911 car ma hantise était que le feu reprenne à tout moment. Ma porte est brûlée dans le haut et dans le bas. Je commence à la libérer de ses gonds pour la sortir à l'extérieur. J'ouvre aussi les fenêtre pour aérer l'appartement. Puis je me rends compte que je suis nu et que les pompiers vont arriver d'une minute à l'autre.

***

Ils sont arrivés effectivement. J'avais eu le temps de revêtir un t-shirt et une paire de pantalons. Avec leur détecteur de chaleur, ils m'ont rassuré : le feu était bel et bien mort et il n'y avait pas de tison dans les murs ou sous le plancher. Ils m'ont aussi aidé à jeter ma porte à l'extérieur. Après avoir pris quelques infos pour son rapport, le capitaine m'a demandé si je désirais qu'il appelle une ambulance.

C'est alors que j'ai vu que ma main était quelque peu amochée. J'ai refusé l'ambulance et me suis rendu par mes moyens à la clinique. Verdict: brûlures au deuxième degré sur les doigts de la main gauche (spécialement l'auriculaire et le majeur) ainsi que sur un orteil... Somme toute, bien peu de chose quand on songe que le feu aurait pu facilement s'en prendre à mes cheveux, mon visage et au reste de mon corps...

J'ai eu très peur quand j'ai vu que le feu prenait dans ma chambre. Dans l'action, ma peur fut suspendue par l'adrénaline qui fit aussi en sorte que je n'ai jamais senti que je me brûlais la main en combattant les flammes... Mais je crois que ma peur fût encore plus intense après les événements, quand j'ai réalisé comment cela aurait pu être tellement plus grave...

Si j'étais allé prendre ma douche directement en me levant, comme je le fais les autres matins, l'incendie aurait eu le temps de prendre trop sérieusement pour que je puisse y faire quoi que ce soit... Évidemment, mon petit moralisateur intérieur me sermonne et me reproche avec raison ma négligence, mais bon. J'ai eu, en plus de ma leçon, la trouille de ma vie. Les médecins qui m'examinent la menotte sur une base quotidienne depuis l'incident me répètent à quel point je suis un veinard: les plaies ne se sont pas infectées, je conserve une certaine sensibilité dans le bout des doigts et de plus, ils s'émerveillent devant les facultés de cicatrisation de ma peau.

Mes doigts ne conserveront probablement aucune marque de cette blessure. C'est la marque dans ma tête laissé par la trouille qui est, je crains, indélébile...

Comments

imeldouze
03 fév 2009 01:21 (UTC)
Voici la preuve irréfutable que la routine peut tuer à petit feu.

Sérieusement, j'espère que tu te remets bien de cette ardente mésaventure.

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